Présentation

Projet 2018-2022

Frontières dans les mondes anglophones : discours, fonctions, usages 2018-2022.

 

Nous proposons d’explorer quatre pistes principales : celles-ci recouvrent quatre thématiques centrales :

« Frontières en mutation » / ‘Borders in Progress’ : on soulignera les processus dynamiques des frontières en questionnant leur prétendue réalité ‘objective’, leur caractère fluctuant, leur instabilité fondamentale. Ce sera l’occasion d’interroger la construction des  frontières, leur ‘invention’, leur ‘continuité’, ainsi le paradigme discursif qui s’y rattache (politique, culturel, littéraire, esthétique, idéologique). Nos recherches porteront également sur les processus d’identification, de singularisation, de fragmentation ou de hiérarchisation de la frontière.

« Par-delà la frontière : Crossing Borders »  : Comme la frontière est toujours accompagnée de la perception d’un ‘au-delà’ plus ou moins distinct, il serait intéressant d’interroger sa fonction de marqueur d’espace de transfert et de passage entre deux mondes, entre ici et là, entre même et autre. on y mettra l’accent sur la dimension interactionnelle et relationnelle des frontières : les usages, les expériences de la frontière ; le ‘border crossing’ recouvre aussi une dimension spécifiquement créative ou artistique comme l’attestent les synonymes en anglais : crossing, shifting, creating, transgressing ou blurring Borders et constitue un terrain fertile pour croiser nos approches.

« Cadres, codifications » / ‘framing, codifying’ : la réflexion ici portera les frontières comme marqueurs de limites de l’œuvre d’art – limites à la fois physiques, matérielles et aussi internes impliquant ainsi des relations entre les frontières et le savoir. Nous nous intéresserons à la construction matérielle des livres et des objets esthétiques ainsi que à leur  codification formelle et génériques. Nous ne manquerons pas non plus de réexaminer le concept du genre au prisme de ses prétendues frontières.

« Carte, espace, lieu » / ‘The art of mapping space’: dans un domaine largement dominé par les historiens, les géographes ou les sociologues, nous tenterons ici de réélaborer un répertoire de concepts propre au ‘spatial turn’ – la géopoétique, la géographie critique, « psychic geography », pour faire le pont entre littérature, art et civilisation. Ce qui est une autre façon de questionner  la place et la nature des frontières dans notre monde réel et dans l’univers imaginaire des représentations.

Nous tenterons de  réélaborer les concepts littéraires traditionnels, par exemple en démontrant les liens entre littérature et cartographie. Ce sera l’occasion de revenir sur la notion de ‘world literature’ et le mythe d’une littérature sans frontières.

Nous nous intéresserons également au domaine artistique, où plusieurs expositions récentes ont exploré la carte de géographie comme source d’inspiration et modèle dans l’art du 20e siècle et contemporain (Robert Storr: l’exposition Mapping au Musée d’art moderne Art de New York en 1994; Nicolas Bourriaud: l’exposition GNS au Palais de Tokyo à Paris en 2003).

Concernant ces futures pistes de recherche envisagées, il est important d’insister sur ce point que nous avons délibérément décidé de ne pas travailler par axes ou sous-axes ce qui cliverait nos forces vives. Nous précisons qu’il n’y a AUCUN ordre hiérarchique entre ces quatre pistes; elles recouvrent une seule stratégie de recherche qui pourrait se résumer par une mise en question de l’ordre spatial du monde anglophone et des discours et pratiques qui servent à légitimer celui-ci.