Département d'études turques

Présentation du Département d'Etudes turques de l'Université de Strasbourg 2021

L’enseignement du turc à Strasbourg remonte aux dernières décennies du XIXe siècle (Paul Horn, auteur notamment de Geschichte Der Türkischen Moderne en 1909). La chaire de turcologie actuelle a été créée en 1962 et confiée au Professeur René Giraud (1906-1968), spécialiste du turc ancien. René Giraud est surtout connu à travers son œuvre sur L'Empire des Turcs célestes (Maisonneuve, 1960) et ses travaux sur l’Inscription de Baïn-Tsokto, (Librairie d'Amérique et d'Orient, 1961).

 En 1968, après le décès de René Giraud, le Professeur Irène Melikoff (1917-2009), spécialiste de l'islam turc hétérodoxe et des cultures et religions anatoliennes lui a succédé. Irène Melikoff fut surtout une spécialiste mondialement connue du Bektashisme. Ces travaux tels que Un mythe et ses avatars : genèse et évolution du soufisme populaire en Turquie (Brill, 1998) ou Sur les traces du soufisme turc : recherches sur l’islam populaire en Anatolie (Isis, 1992) sont toujours des références incontournables.

De 1989 à 2013, le Département d'Etudes turques a été dirigé par M. le Professeur Paul Dumont, historien de l'Empire ottoman et de la Turquie contemporaine. Son Mustafa Kémal invente la Turquie moderne (Complexe, 2006) reste un des meilleurs ouvrages sur la période de la fondation de la République de Turquie. Par ailleurs, le travail du Professeur Dumont sur la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle est considérable. Il fut également directeur de l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes d’Istanbul entre 1999 et 2003.

Entre 2014 et 2019, le Département d’Etudes turques a été dirigé par M. le Professeur Stéphane de Tapia, géographe, spécialiste des migrations dans l’espace turc. Parmi ces nombreux ouvrages, celui rédigé en collaboration avec Marcel Bazin, La Turquie : géographie d'une puissance émergente (Armand Colin, 1999) est un des plus importants.

Et enfin, depuis 2019, le Département est dirigé par M. Samim Akgönül, Historien et Politologue, spécialiste de l’Histoire de la Turquie contemporaine et des minorités qui sont en lien, notamment les minorités non musulmanes de Turquie, les minorités musulmanes des Balkans et les « nouvelles » minorités issues des migrations originaires de Turquie en Europe occidentale. Si son Les Grecs de Turquie (Academia Bruylant, 2004) reste une référence en la matière, ses travaux sur les relations Etat-religions en Turquie et les minorités dans l’espace post-ottoman sont également reconnus. Son dernier ouvrage est, La Turquie « nouvelle » et les Franco-Turcs, une interdépendance complexe (l’Harmattan, 2020).

Tout au long de son histoire, d’autres figures importantes des études turques et ottomanes ont enseigné au Département comme Server Tanilli (1931-2011), constitutionnaliste et traducteur) ou plus récemment Catherine Erikan (linguiste et traductrice, notamment des auteurs tels que Enis Batur, Sema Kaygusuz ou Azad Ziya Eren), Ragip Ege (économiste et traductologue) et Johann Strauss (historien) dont l’œuvre sur la modernisation linguistique dans l’espace ottoman et post-ottoman est précurseur .  

Ainsi, au fil du temps, le Département d’Etudes Turques a couvert l’ensemble des domaines liés aux études turques et ottomanes, de la langue à l’histoire, de la sociologie à la géographie, de la traduction à la science politique.

Actualités

Le roman « conservateur » turc, entre individualisation psychologique et édification collective L’actualisation littéraire des axiologies politiques à la lumière de l’œuvre de Peyami Safa (1899-1961)

Dilek SARMIS (Université de Strasbourg, Département d’études turques, G.E.O - EA 1340) - Intervenante
Laurent MIGNON (Université d’Oxford, Saint Antony’s College) - Discutant
Samim AKGÖNÜL (Université de Strasbourg, département d’études turques) - Modérateur

Mardi 30 mars de 16 h à 18 h - en ligne


Catégorisé comme « conservateur », le romancier Peyami Safa (1899-1961) construit un univers structuré par des motifs littéraires mettant en scène la critique du cosmopolitisme occidental et la question du déclin moral. L’hétéronomie idéologique qui travaille ces thèmes laisse la part belle à des techniques narratives d’introspection et de caractérisation archétypale qui permettent de dynamiser les scissions internes des
personnages, souvent des héroïnes, affrontant, à l’instar de ceux de François Mauriac et de Georges Bernanos, les étapes d’une rédemption morale. La fiction semble incarner les ancrages politiques et nationalistes de l’écrivain, en particulier sa théorie de la synthèse culturelle et spirituelle, et celle d’une Anatolie âme organique de la nation turque. Pourtant, l’œuvre de Peyami Safa est travaillée par les contradictions de nombre de
trajectoires intellectuelles des premières décennies turques républicaines. Héritier des dynamiques de modernisation littéraire de la fin de la période ottomane, Safa use de techniques narratives et de procédés de caractérisation actancielle ambitionnant l’émergence d’un genre entre roman psychologique et apologue social. L’étude des réseaux sémantiques et des motifs transversaux par lesquels se font écho les œuvres
littéraires et politiques de ce romancier emblématique des transitions de l’histoire turque des années 1920-1950, permettra d’interroger le rôle des hétéronomies idéologiques dans les trajectoires du monde littéraire turc républicain à l’aune de sa galaxie dite « conservatrice ». Ces itinéraires, marqués parfois par la dissidence politique, s’avèrent en effet intéressants pour comprendre comment le roman peut constituer une extraversion
narrative tout à fait particulière de positionnements idéologiques ; mais aussi comment les polarisations historiques, qui ont également structuré d’autres espaces intellectuels comme ce fut le cas en France, constituent des enjeux méthodologiques pour l’historien de la littérature.

Le séminaire aura lieu sur la plateforme BigBlueButton sur inscription gratuite.
Merci de vous adresser à M. Samim Akgönül : akgonul@unistra.fr

Visioconférence - Un Italien à Istanbul : Raimondo d'Aronco et l'Art nouveau ottoman  22 avril 2021 - 18 h

Le cycle des visioconférences sur l’Art Nouveau se poursuit avec une évocation des styles en vogue dans la capitale ottomane autour de 1900. Un architecte italien, Raimondo D’Aronco, né dans le Frioul alors intégré à l’Empire des Habsbourg, formé en Autriche, à Graz, et en Italie, à Venise, s’est illustré dans l’édification de bâtiments publics et privés marqués par l’Art Nouveau à Istanbul. Il est devenu un des architectes officiels de l’Empire ottoman mais, rentré en Italie, y a laissé aussi des témoignages de son art, à Turin ou même à Udine, dans son Frioul natal.

La conférence sera une occasion de découvrir des architectures ottomanes peu connues mais aussi de montrer d’étonnantes convergences culturelles.

Visioconférence de Didier Francfort, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Lorraine, spécialiste d’histoire culturelle, directeur-adjoint du Centre de Recherche sur les Cultures et les Littératures Européennes.

Interventions de Monsieur Emilio Lolli, Consul Général d’Italie à Metz, de Monsieur le Professeur Paul Dumont, de Monsieur le Professeur Stéphane De Tapia, Département d’Etudes Turques de l’Université de Strasbourg et de Monsieur Murat Erpuyan, président d’A TA TURQUIE.

Jeudi 22 avril 2021 - 18 h - en ligne

Inscription gratuite : artnouveau-istanbul@outlook.fr

Présentation du département par le directeur

Bref historique

L'enseignement du turc à l'Université de Strasbourg.

180 à 200 millions de turcophones dans le monde

Le turc enseigné à l'Université de Strasbourg est le turc de Turquie, langue officielle de la République de Turquie et langue maternelle de la majorité de ses habitants (79,8 millions d'habitants en 2016). La langue ottomane, qui fut la langue savante et administrative de l’Empire ottoman est également enseigné au Département. En Europe, la langue turque est également parlée par un nombre assez considérable de turcophones. Vu les mouvements de populations, il est malaisé d'en donner un chiffre exact: selon les estimations, un à trois millions de locuteurs du turc vivent dans les Balkans (Bulgarie, Roumanie, Macédoine, Grèce) et au Moyen-Orient (Syrie, Irak, Chypre). Les pays européens d’immigration - membres ou non de l'Union Européenne -, les Etats-Unis et le Canada ou l’Australie, comptent également plus de 4millions de turcophones, populations issues de l’immigration des années 1960-2000, qui mettent la langue turque à portée immédiate de notre oreille.

Avec des variantes parfois assez éloignées du turc de Turquie, des langues appartenant à la même famille (altaïque) sont aussi utilisées sur une vaste aire géographique du continent eurasiatique: en Iran, Afghanistan, Azerbaïdjan, dans les républiques indépendantes d'Asie centrale, en Russie (républiques autonomes du Tatarstan, de Bachkirie, de Sakha-Iakoutie en Sibérie, etc.), en Chine (Région autonome du Xinjiang-Uygur), en Mongolie (province de Bayan Ölgey). Les langues dites «turciques» (pour les différencier du turc de Turquie) les plus parlées dans le monde sont, après le turc et dans un ordre décroissant, l’ouzbek (ozbekcha, environ 30 millions de locuteurs, transcrit en caractères latins en Ouzbékistan), l’azerbaïdjanais (azәrbaycanca, environ 29 millions, transcrit en caractère latin en République d’Azerbaïdjan peuplée de 9 millions d’habitants), le kazakh (kazak tili, environ 13 millions) qui continue à utiliser l’alphabet cyrillique, l’ouïghour moderne (uygurca: environ 11 millions) qui utilise un alphabet arabe réformé au Xinjiang, le kirghize (kyrgyzja, environ 4 millions) qui se sert de caractères cyrilliques en République kirghize et le turkmène (environ 3,5 millions, transcrit en caractère latins en République du Turkménistan). Des langues et dialectes tatars sont parlés par environ 7millions de personnes. Il peut alors s’agir soit de langues nationales officielles (également parlées par des minorités  locales), soit de langues maternelles (en dehors des états internationalement reconnus). On peut donc faire état d'un chiffre approximatif d’au moins 200 millions de turcophones dans le monde.

Offre de formation

Le département d’Etudes turques de l’Université de Strasbourg offre une formation complète en études turques.

  • Une licence langue, littérature et civilisation étrangères et régionales - études turques
  • Une licence parcours « grands débutants » qui permet aux étudiants non-turcophones d’apprendre le turc en deux ans avant de rejoindre la 3e année de Licence.
  • Un master langue, littérature et civilisation étrangères et régionales - études turques
  • Un DU d’Etudes turques en deux ans (niveaux « avancé » et « grands débutants »)

Scolarité

Guide de l’étudiant - licence - année 2020-2021

Emploi du temps Licence  "Spécialistes" année 2020-2021 semestres pairs

Attention : l'emploi du temps est provisoire, susceptible de changement en raison de la crise sanitaire.

JURY DE LICENCE - année 2020-2021

Président : Samim AKGÖNÜL

Membre : Stéphane DE TAPIA

JURY DE MASTER - année 2020-2021

Président : Stéphane DE TAPIA

Membre : Samim AKGÖNÜL


Gestionnaires de scolarité


Bureau de la Licence

Bureau : Patio - Bâtiment 4, RdC, Bureau 4R12
Mme Célia BALLINGER
assistance-etudiant.unistra.fr

En raison des circonstances actuelles, le bureau ne sera ouvert aux étudiants que sur rendez-vous.

Bureau du Master

Bureau 4101 (Responsable du bureau des masters)
M. Michaël Choffat
assistance-etudiant.unistra.fr
Tel : 03.68.85.66.76

Horaires d'ouverture du bureau 4101 :

Lundi : 9h15-12h00
Mardi : 9h15-12h00 / 14h00-16h00
Mercredi : 9h15-12h00
Jeudi : 9h15-12h00
Vendredi : 9h15-12h00

Bibliothèque

Responsables de la bibliothèque : Betül YILDIRIM : y_betul@hotmail.fr et Esra TUNCER : esra.tuncer@etu.unistra.fr

Lundi : 11h-14h (Mme Betül YILDIRIM)

Mardi : 15h-18h (Mme Betül YILDIRIM)

et Mercredi : 14-16h (Mme Esra TUNCER)

Enseignants - équipe pédagogique

Direction

Directeur du Département : M. Samim AKGÖNÜL :  akgonul[at]unistra.fr

Responsable de Licence et co-responsable de Master : M. Stéphane DE TAPIA : sdetapia[at]unistra.fr

Samim  Akgönül

Maître de conférences, Historien, Directeur du Département et co-responsable de Master
  • Domaines de recherche : Histoire et politique contemporaines de la Turquie, minorités dans l’espace post-ottoman, populations issues des migrations, politiques linguistiques.
  • Enseignement :
    • Grammaire et Traduction,
    • Initiation à la langue turque,
    • Histoire de la Turquie contemporaine,
    • Histoire de l’Anatolie,
    • Société de la Turquie contemporaine,
    • Méthodologie disciplinaire.
  • Dernières publications :
    • Akgönül Samim, « Islamophobia, Muslimophobia: From Words to Acts » in Yearbook of Muslims in Europe, Vol. 9, 2017, p. 5-24.
  • Permanence : Lundi 14h00-16h00, bureau 51.22 (Patio, Bât.5, 1er ét.)
  • akgonul[at]unistra.fr

Stéphane de Tapia

Professeur, Géographe, co-responsable de Master
  • Domaines de recherche : Migrations, langues et cultures turques centrasiatiques…
  • Enseignement :
    • Études de textes,
    • Géographie et histoire de l’espace turc.
  • Dernières publications : -
  • Permanence : vendredi 9h-12h, bureau 51.22 (Patio, Bât.5, 1er ét.)
  • sdetapia[at]unistra.fr


Paul Dumont

Professeur émérite, Historien
  • Domaines de recherche : Histoire sociale ottomane et turque, littérature turque, cinéma
  • Enseignement :
    • Cinéma turc
  • Dernières publications : -
  • Permanence : sur rendez vous, bureau 51.22 (Patio, Bât.5, 1er ét.)
  • paul.m.dumont[at]gmail.com


Ragıp Ege

Professeur émérite, Faculté des sciences économiques et de gestion
  • Domaines de recherche : Histoire de la pensée économique, systèmes économiques,  traductologie
  • Enseignement :
    • Système socio-économique ottoman,
    • « Libéralisme politique » en Turquie,
    • Méthodes de traduction français-turc (textes philosophiques).
  • Dernières publications :
    • « The Concept of ‘Lawfulness’ in Economic Matters. Reading Ibn Rushd (Averrroes) », The European Journal of History of Economic Thought, 24 (4), 2017, 670-688
    • « La question de l’autre en économie », en collaboration avec Herrade Igersheim, Revue de Philosophie Economique, Vol.18, n°1, 2017, 3-11
    • « Réflexions sur l’hypothèse de la ‘naturalité’ de l’origine humaine. Une relecture de Marx et d’Engels », Revue d’histoire de la pensée économique, 2018-1, n°5, Classiques Garnier, 159-178
    • « The employment contract with externalized costs : The avatars of Marxian exploitation », en collaboration avec Rodolphe Dos Santos Ferreira, The European Journal of History of Economic Thought, à paraître
    • « Le libéralisme de Boisguilbert. Un pourfendeur de la contre-productivité », Cahiers d’Economie Politique, à paraître
    • « Charles Fourier: a ‘non-scientistic’ conception of justice », en collaboration avec Sylvie Rivot, in The Individual and the Other in Economic Thought, Ed. Ragip Ege & Herrade Igersheim,  Chapter 2, Routledge, à paraître
  • Permanence : sur rendez-vous (ege[at]unistra.fr)
  • ege[at]unistra.fr


Aksel Köseoglu (lecteur) 

Onur Bülbül (vacataire)

Tamerlan Quliyev (vacataire)

Présentation de l'équipe pédagogique par le directeur