Un jeu-débat "Can you solve Brexit?"

Brexit

Lorsque nous parlons du Brexit en cours, tout le monde est d’accord ; il faut protéger les droits des citoyens. Mais pourquoi les négociations entre le gouvernement britannique et l’Union européenne n’avancent-elles guère ?

Madelaine Pitt, lectrice au Département d’Études Anglophones, a organisé le 15 mars 2018 un jeu-débat simulant les négociations en cours.

Représentant les deux équipes actuellement dans l’impasse à Bruxelles, les étudiants étaient mis au défi de faire mieux. « Can You Solve Brexit ? » est un jeu collaboratif au cours duquel les participants ont essayé de trouver un compromis sur la question des droits des citoyens, le montant de la facture que devra régler Londres à Bruxelles, la durée de la phase de transition, etc.

Le fait de se mettre dans la peau d’un élu chargé de représenter les intérêts de son pays a permis aux étudiants de comprendre plus profondément les enjeux. Se penchant sur les détails de chaque élément de discorde, ils se sont interrogés sur des questions aussi morales que pratiques. Quelle est l’importance de la libre circulation des personnes pour l’Union ? Faut-il un traitement plus favorable pour les étudiants et les employés hautement qualifiés ? Pouvons-nous vraiment introduire des discriminations entre les Britanniques profitant déjà pleinement de leur droit d’habiter à l’étranger et ceux qui aimeraient peut-être en profiter à l’avenir ? Et si les droits que nous garantissons pour certains ne sont pas réciproques ?

Les 45 minutes de négociations acharnées, qui n’ont abouti qu’à un seul élément d’accord sur les droits des étudiants et des travailleurs… ont été suivies d’un débat riche et dynamique. Ensemble, nous avons accepté que ce qui mieux pour son pays et pour son propre intérêt politique ne correspond pas forcément à ce qui est « juste » quand nous considérons la situation de l’extérieur et dans sa globalité.

Avec une forte augmentation de la criminalité raciste au cours de l’année suivant le référendum (23%) dans la foulée d’une campagne « Leave » chargée de sentiments anti-immigration d’un côté, et avec la question du sort de 3,3 millions de citoyens d’autres états membres vivant au Royaume-Uni de l’autre, ce n’est pas facile de trouver un terrain d’entente.

Le Royaume-Uni sortira de l’Union Européenne d’ici un an jour pour jour, mais peu de décisions prises au cours des négociations déjà entamées sont gravées dans le marbre, et l’avenir des relations anglo-européennes reste incertain. Heureusement, les députés peuvent désormais faire appel aux étudiants de l’Université de Strasbourg !