Les îles du bout du temps Les Philippines aux XVIe & XVIIe siècles

17 février 2020

Dans le cadre de l’expansion mondiale de l’Espagne au XVIe siècle, la colonisation des Philippines constitue un cas de figure particulièrement intéressant du point de vue du rapport d’un espace à sa temporalité.

En effet, dans la mesure où ce territoire insulindien, reconnu comme potentiellement espagnol dès 1521, n’est réellement colonisé qu’en 1565, on peut considérer qu’il se construit dans les lointaines Amériques avant de voir effectivement le jour, puisque les quarante années d’apprentissage de colonisation mexicaine qui séparent ces deux dates vont fortement préconfigurer l’expérience espagnole en Asie.

En outre, si le XVIe siècle ibérique voit déjà se déployer un Espace-Monde, l’avènement d’un Temps-Monde est quant à lui encore impossible, tout au moins en ce qui concerne une structure politique aussi centralisée que la Monarchie Catholique espagnole. Ainsi, ce sont bien les Philippines et les deux ans et demi en moyenne que requièrent un aller-retour de correspondance avec la métropole, les Philippines et le creux temporel de près de cinq mois que représente la traversée de l’Océan Pacifique1, qui marquent le véritable point d’inflexion de cette impossible globalisation.

Avec cette communication, nous tâcherons ainsi de mette en évidence la corrélation entre hyper-périphérie spatiale et temporelle à travers des exemples précis. Il s’agira ainsi de saisir les enjeux de la configuration ici étudiée autant sur le plan matériel que psychologique, en nous efforçant de nous approcher de ce qu’a pu être la perception du temps des individus impliqués dans une réalité spatio-temporelle aussi atypique.

 

Salle Ourisson, Institut Le Bel